Economie & Finance
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de recherche, des débats et
des analyses économiques.
nov
10
Prononcer le divorce entre la monnaie et la politique monétaire ?
Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Economie, Macroéconomie, Politique monétaire | Laissez un commentaire
Alors, en supposant que vous travaillez pour une banque centrale, prononceriez-vous ce divorce ? Plus simplement, si vous étiez Jean Claude Trichet ou Ben Bernanke, ou membre de leur centre de recherche économique, utiliseriez vous oui ou non des indicateurs monétaires afin de justifier vos positions quant à la décision de politique monétaire de la banque centrale pour laquelle vous travaillez (travailleriez) ?
Oui ? Non ? En général, une majorité répondrait que la monnaie est au plus utile, au moins source d’informations (et encore), pour la politique monétaire. Et puis après tout, une source de données supplémentaire, cela ne fait pas de mal !
Non, Non et Non martèlent Todd Keister, Antoine Martin, et James McAndrews dans leur dernières publication de la Fed de New York.
En effet, de nombreux banquiers centraux construisent leur politique monétaire en vue de garder un lien, aussi infime soit-il, entre le stock de monnaie et le taux d’intérêt à court terme. En particulier, leurs procédures de mise en Å“uvre de la politique monétaire exigent que l’offre de solde de réserve soit fixé précisément en vue de cibler le taux d’intérêt. Du fait que les réserves des banques jouent d’autres rôles clés dans l’économie, ce lien peut créer des tensions avec d’autres objectifs importants, notamment en période forte volatilité du marché.
Les auteurs considèrent une approche alternative à la politique monétaire mise en Å“uvre - connue sous le nom de système de “plancher” - qui peut réduire ou même éliminer ces tensions. Ils expliquent comment cette approche, dans laquelle la banque centrale paie des intérêts sur les réserves au taux d’intérêt cible, sépare (divorce) l’offre de monnaie et la conduite de la politique monétaire. La quantité de réserves des banques peuvent alors être fixés en fonction du paiement ou des besoins de liquidité des marchés financiers. En éliminant le coût d’opportunité de la détention de réserves, le système de plancher encourage également la répartition optimale des ressources dans l’économie.
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nov
7
Question/Réponse sur la crise financière.
Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Actions, Economie, Finance, Indices, Macroéconomie, Marchés | 1 commentaire
Question
Pourquoi est-ce que cette crise entraine une telle débâcle des indices mondiaux ? Certes, il s’agit d’une crise, mais pourquoi est-elle si importante et impacte-t-elle tant les indices tels que le CAC 40 par exemple?
Réponse
Le problème de la crise actuelle n’est pas si simple. Outre la baisse de la confiance des ménages et des investisseurs, le risque se porte en grande partie sur le système. Une crise systémique est redoutée ce qui contribue à la forte volatilité actuelle.
De plus, l’assèchement du crédit sclérose un peu plus l’économie réelle ce qui impact aussi fortement les opportunités de développement et se fait ressentir sur le marché financier, dont le CAC40 en est un des indicateurs. De plus, les ménages subissent eux aussi les conséquences de ce “crédit crunch” en ne pouvant plus emprunter comme avant, minant un peu plus leur confiance et la consommation (principal moteur de la croissance).
nov
1
Rigidité des taxes ?
Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Economie, Finance, Institutions, Politique budgétaire | 1 commentaire
En cette période de crise financière majeure, les propositions constructives en vue d’améliorer le système bourgeonnent. En voici une qui ne manque pas de rappeler l’importance de la modernité pour le législateur.
Considérons un Etat législateur pratiquant la politique fiscale suivante: TVA à 19.6% (en moyenne), impôt sur les bénéfices des personnes morales à 40% (en moyenne incluant les cotisations sociales, les cotisations retraites, les impôts locaux, les charges patronales et autres taxes), impôt sur les revenus des personnes physiques à 40% (en moyenne incluant les cotisations sociales, les cotisations retraites, les impôts locaux et autres taxes et charges) et taxes du capital (épargnes, dividendes, transferts transgénérationnels, autres transferts…). Il s’agit d’un modèle, donc l’importance ne doit pas être portée sur les chiffres mais sur l’idée générale, sur le fonctionnement global.
Actuellement, l’état subit un crise financière couplée à une crise de confiance lorgnant sur une crise systémique éventuelle. Afin d’éviter ce triplet importunant, le législateur décide d’injecter une certaine somme afin d’éviter une crise systémique.
Mais qu’en est-il des conséquences? Chômage, déflation et récession, l’autre triplet qui agace.
Afin de résoudre cette crise, voici une idée qui aurait pu être appliquée et qui aurait presque surement résolus les deux sombres triplets suivant: (crise financière; crise de confiance; crise systémique) et (chômage; déflation; récession).
Nous sommes au XXIème siècle. Le siècle de l’information mais aussi celui de l’interaction. Les prix et les salaires deviennent de moins en moins rigides, même si ces rigidités sont nécessaires et doivent perdurer. Cependant, pourquoi les taxes sont toujours aussi rigides (à la hausse…), et cela même en temps de crise ?
Jouer sur la valeur de ces leviers serait pourtant une excellente alternative aux injections de liquidités massive actuelles.
Mais avant toute chose, uniformisons !
Est-ce normal de vivre avec une diversité aussi forte de taxes et impôts en tout genre en France particulièrement ? Certains économistes ont pourtant montré qu’un choc de confiance positif pouvait être enclenché par le licenciement de fonctionnaires, ce licenciement devant être massif pour “choquer” positivement les ménages. Mais pourquoi licencier lorsque le temps et la démographie font à eux deux très bien les choses ? La démographie réduit le nombre d’actifs et le temps permet de ne pas renouveler les postes de fonctionnaire. Même si cela aurait du être fait depuis bien longtemps, le temps contribue aussi à l’innovation technique (en général), et permet donc de profiter des dernières technologies de l’information, visant à réduire les coûts (en argent certes, mais aussi en temps, en termes de stockage matériels par l’immatériel, en termes de portabilité et d’adaptabilité…) de l’administration publique: l’administration doit fortement réduire ses frais de fonctionnement en optimisant ses ressources actuelles et en les améliorant grâce au NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Ceci contribuerait dans un premier temps à fortement réduire, à long terme, la charge de fonctionnement de l’état. Paiement par internet pour toutes les taxes, centralisation de l’ensemble des taxes à un seul compte internet (comme Google le fait avec les email, les documents, les vidéos (YouTube), les publicités côté éditeurs de site internet (AdSense), les publicités côté annonceurs (AdWords)…), paiement par carte de crédit avec débit immédiat, différé ou échelonné (alors que ce genre de modification mobilise une ressource humaine et matériel trop importante actuellement), lisibilité et transparence de ce que doit le citoyen à l’état, de ce qu’il déclare et de ce qu’il reçoit de l’état (des allocations chômages aux allocation familiales, retraites etc…), modification des données facilement et immédiatement (contrairement aux délais et aux moyens necessaires actuellement).
Ceci fait, l’uniformisation peut prendre meilleure forme: uniformiser les taxes en les rendant plus homogènes afin que, psychologiquement, l’on puisse se dire que l’on paye effectivement ses impôts une et une seule fois, simplement et clairement. Cela passe par une retenue à la source pour les impôts sur le revenus, salaires et traitements; par un pourcentage fixe et identique pour toutes les entreprises (compétitivité locale et mondialisée actuelle oblige) pour l’impôt sur les bénéfices; par une TVA uniformisée pour tout les types de produits hors alcools, cigarettes et autres produits polluants l’environnement ou la santé (carburants, sucres, graisses).
Mais ça s’arrête la !
En effet, pourquoi taxer le capital des particuliers ? Enfin devrait-on dire plus précisément: Pourquoi re-taxer le capital des particuliers ? Que ce soit lors de gains ou de pertes, ce capital investit est issu d’une retenue à la source, donc il a déjà été taxé. Pour instaurer une confiance optimale et surtout afin de réformer dans le fond la société, il faut aussi reformer les pratiques qui n’ont plus réellement de sens. De même, lorsqu’une société financière effectue une opération boursière bénéficiaire, les gains comptabilisés seront taxés de manière fixe, donc ne pas re-taxer le capital via une taxe sur les transaction financières est primordial dans l’entretien de la croyance générale de la reconstruction de l’Etat qui le fait vivre.
D’un point de vue plus politique: taxer des transactions financières revient en définitive à instaurer une friction là où jusqu’à présent il n’y en avait pas hormis les coûts de transactions issu du paiement d’un service rendu par les intermédiaires (suffisamment chères). Alors payer pour quoi ? Quel service nous rend l’état lorsque de nos jours ce type de transaction internationales ou nationales ne mobilisent que des ordinateurs entretenus par l’intermédiaire financier de ladite transaction ? Une taxe globale et identique sur les gains issus du capital doit néanmoins être envisagée afin de réduire les prises de risque sur des investissements qui ne sont pas sans risque et de limiter l’épargne afin que l’argent ait plus tendance à participer à l’économie plutôt qu’aux bas de laine. La mondialisation de la finance en général doit inciter les états à se concerter au niveau de la planète afin de décider ensemble de cette taxe que chaque pays appliquerait au niveau national mais dont le pourcentage serait identique au niveau international.
Les leviers générés par ces réformes de fond, et en fait complètement inapplicables par le simple fait des fortes rigidités syndicales (en parlant de rigidité !!!), permettraient de maintenir le moteur de l’économie, la consommation, à des niveaux jamais atteints. De plus, l’investissement, issue du sursaut de la consommation, permettrait de s’approcher presque surement d’un niveau de chômage bien en dessous du chômage structurel bien difficile à vaincre sans mesures chocs. Enfin, la confiance des habitants envers leur législateur serait solide et pérenne.
Alors évidement, certains me parleront des deux piliers de la société franco-sociale (joli néologisme bourré de sous-entendus): la Retraite et la Sécurité Sociale. Je répondrais ceci: rien n’empêche l’Etat de participer via le prélèvement unique à la source au financement des retraites et de la sécurité sociale (tout comme il participe au financement des universités ou des hôpitaux par exemple). De plus, si la consommation augmente aussi fortement que ce système peut le permettre, les recettes de TVA, de la taxe sur le capital ou de l’impôt global de 40% permettrait largement de financier les caisse de retraite et la sécurité sociale pour tous.
N’oublions pas que les transfert monétaires, immobiliers ou financiers intergénérationnels doivent être taxés comme si il s’agissait d’une transaction de capital (donc de manière bien moindre que ce qui se pratique actuellement, notamment concernant les héritages). En effet, l’héritage est une ressource net pour la génération suivante (car la personne décédé a bien payé tout ses impôts et autres charges à l’état concernant ses actifs avant de mourir). N’allons pas rendre redevable un cadavre qui avait travaillé toute sa vie afin de réunir une certaine richesse nette pour que ses enfants en profitent.
En conclusion, de profondes modification doivent être entreprises par l’état. Les bouleversements actuels doivent non seulement participer à la prise de conscience globale mais aussi inciter à l’action. La flexibilisation des taxes consécutivement à une harmonisation et une simplification profonde permettrait à l’économie de relever la tete et aux citoyen de gonfler la confiance perdue qu’ils avaient envers l’état.
oct
17
Profiter de la crise ?
Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Economie, Finance, Institutions, Politique budgétaire, Politique monétaire | 1 commentaire
Beaucoup pensent que cette crise est catastrophique. D’autres prévoient même une période de récession inédite dans l’histoire depuis 1929. Certains annoncent une reprise du volume des crédits accordés aux entreprises et particuliers dans de nombreuses semaines. Bref, le cataclysme à les écouter. Mais sur Économie-Finance.com, notre approche sera différente.
Nous voudrions en effet vous exposer les nombreux avantages d’une crise en général, et de cette crise en particulier. Nous nous garderons bien de prêcher le mal en édulcorant l’information économique par une propagande louant les bienfaits d’une crise systémique et/ou d’un “credit crunch.” Mais savoir qu’une crise n’est pas que et uniquement mauvaise peut avoir du bon pour l’avenir.
Justement, en parlant d’avenir, quelles décisions peuvent favoriser tout d’abord l’Europe politique et économique? La réponse est catégorique: l’entrée de l’Islande et de la Norvège dans l’union européenne et leur acceptation dans la Zone Euro avec l’Angleterre (si elle même le veut enfin) rendrait service à toutes les parties. De plus, un tel élan, consécutif à la crise actuel, entrainerait une solidarité et une union en ce qui concerne la politique économique globale. En effet, mis à part l’exigence de Maastricht des 3% de déficit budgétaire et la BCE (politique monétaire commune à la Zone Euro), aucune union n’émerge en ce qui concerne l’harmonisation fiscale et administrative d’un point de vue économique. Mais la rationalisation économique actuelle impose une mise à plat globale des institutions nationales, ce qui est une chance (à saisir) pour l’Europe de profiter des synergies qu’elle tente de créer depuis maintenant plus d’un demi-siècle. L’appel de l’unité en termes de fiscalité ou de dépenses budgétaires liées à l’administration devrait se faire entendre et cette crise permettrait d’optimiser ces secteurs institutionnels si opaques et parfois hors de tout entendement.
Et les marchés financiers dans tout ça ? Les marchés sont les marchés, ils doivent UNIQUEMENT réagir aux variations d’offre et de demande des actifs financiers. Par contre, l’information financière, jouant un rôle primordial (notamment à cause des nouvelles technologies de l’information), doit être beaucoup “plus” supervisée. Une législation ou un cadre législatif plus vaste devrait encadrer la profession journalistique concernant la véracité des informations transmises aux intermédiaires financiers (et à fortiori au grand public). L’information contribue à amplifier les crises (et, de façon similaire, les bulles) ce qui nuit fortement à l’économie en provoquant de brusques retournements financiers qui affectent la confiance des entreprises et des ménages sclérosant un peu plus les mécanismes macroéconomiques de base contribuant au bon fonctionnement de l’économie tout entière, je pense notamment aux crédits.
Ajoutons à cela le paradoxe des ratios prudentiels. Le schéma actuel en situation de crise économique et de revalorisation des risques (et donc des actifs) concernant les banques est le suivant: L’effondrement immobilier a conduit à l’implosion des subprimes, qui a entraîné des dépréciations d’actifs massives et des provisions bancaires en chaîne. D’où une baisse généralisée des actifs qui creusent davantage encore les pertes des banques. Ces dernières se voient obligées de constituer à nouveau des provisions, ce qui fait fondre leurs fonds propres. Comme les banques doivent avoir un capital minimum (ratios prudentiels), elles doivent vendre une partie de leurs actifs dépréciés pour reconstituer leurs fonds propres. En faisant cela, elles précipitent à nouveau le prix des actifs à la baisse, ce qui creuse à nouveau leurs pertes. A nouveau, les fonds propres deviennent insuffisants, donc il faut à nouveau vendre des actifs (encore plus dépréciés qu’au tour d’avant), ce qui entraîne à nouveau une baisse des actifs, etc… A ce rythme la, les actifs vont se rapprocher de la valeur “0″ ! Les banques sont obligées de vendre, de par la réglementation prudentielle. Or en face, il n’y a pas d’acheteurs… Une reconsidération des ratios prudentiels est donc nécessaire car elle contribue à renforcer la crise, surtout lorsqu’il s’agit d’une crise bancaire: ces ratios qui ne sont pas adaptés aux hautes fréquences et aux crises systémiques entrainent la sphère financière vers une spirale de dépréciations d’actifs incontrôlée car obligatoire pour les banques ce qui est fortement néfaste pour la sphère réelle (économique). L’élaboration de nouveaux ratios prudentiels (se dirige-t-on vers Bâle III ???) doit donc prendre en considération cette spirale négative de dépréciations quasi-obligatoires afin de ne pas participer à l’amplification des crises. Ce Bâle 3 devra aussi encadrer de manière plus stricte la comptabilité des produits dérivés… mais on en discute ci-après.
Spéculation ou couverture ? Comment comptabiliser des produits dérivés ayant pour unique objectif une gestion rigoureuse des risques (couvertures des risques) et des produits dérivés ayant pour objectif de décupler une hausse ou une baisse à des fins spéculatives ? Comment prendre en compte ces deux achats de produits dérivés qui en fait sont identiques sur le marché financier ? Dernière question: comment légiférer, proposer ou émettre une idée sur un sujet ou la bonne gestion et la mauvaise action sont complètement indifférencié sur le marché ? C’est comme si Gargamel était peint en Bleu et Blanc et coiffé d’un magnifique couvre-chef de Schtroumpf. Je n’ai pas de réponses, mais je vous ai apporté certaines questions qui en méritent ! Un nouveau Bâle 3 devrait encadrer ces deux types de pratique qui devront forcement être différenciées au moins au sein des institutions financières. Je précises: institutions et non pas uniquement les banques.
Car les Hedge Funds jouent désormais un rôle aussi important que les banques. Et il ne faut plus le négliger. Un fond doit aussi être noté, surveillé, soumis à des ratios prudentiels et à une catégorisation en fonction des risques etc… Noté un fond par rapport à l’institution financière qui l’émet devient aberrant. Mais ne pas prendre en compte l’institution financière qui le gère serait tout aussi aberrant. Un juste milieu dans la notation doit donc être trouvé.
Mais tout cela doit mener à une rationalisation des marchés financiers. Tout ceci doit donc déboucher sur une optimisation des procédures de contrôle des banques et des institutions financières. Que ce soit l’information financière, le cadre institutionnel économique (budgétaire et fiscal) ou les innovations financières, il faut profiter de cette crise pour instaurer de nouvelles règles (pas forcement en légiférant) de bonne conduite permettant de minimiser la survenance de telles crises, ou du moins de les prévenir.
oct
6
La course à la banque à la Diamond et Dybvig (1983) et les Subprimes
Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Economie, Finance, Immobilier, Marchés | 1 commentaire
L’actualité l’exige. La crise des subprimes, démarrée depuis plus d’un an déjà (février 2007) prend une nouvelle dimension ces derniers temps (septembre/octobre 2008). La faillite de Lehman Brothers, la pseudo faillite de Merrill Lynch (rachetée par Bank of America à la rescousse), AIG nationalisée, Fortis qui boite rachetée par l’état néerlandais et BNP Paribas, WaMu (Washington Mutual, première caisse d’épargne outre atlantique) qui dépose le bilan… les dominos ne s’arrêtent pas en si bon chemin: Les dirigeants des quatre grandes économies européennes ont tenté de rétablir la confiance au cours d’un mini-sommet à Paris sur la crise financière, début Octobre 2008, alors que le gouvernement et le secteur bancaire sont tombés d’accord dimanche pour porter à 50 milliards d’euros une ligne de crédit afin d’éviter la faillite de la Hypo real Estate, quatrième banque d’Allemagne.
Les autorités des marchés britanniques et les responsables politiques discutent de l’avenir de la caisse de crédit Bradford & Bingley, fragilisée par la crise du crédit et de l’immobilier et susceptible de devenir le deuxième établissement bancaire nationalisé après Northern Rock.
En effet, depuis plus d’un an et la première faillite d’un banque depuis bien longtemps qu’étaient Northern Rock en Angleterre et Bear Stearns aux USA, la finance mondiale n’avait pas connue telle débâcle depuis 1929.
Mais entre temps, deux chercheurs ont modélisés de tels événements: Diamond et Dibvig (1983). Comme producteur de liquidités, les banques transforment les dépôts reçus des agents excédentaires de ressources en crédits, auprès des investisseurs qui en manifestent les besoins. Cette fonction ne peut connaître de succès que s’il y a adéquation entre les termes des dépôts et ceux des crédits. Si à un moment donné, les déposants ont des doutes sur la solvabilité des banques, ils font recours aux retraits massifs et créent une situation de panique bancaire. Diamond et Dybvig (1983) ont élaboré un modèle pour expliquer ce phénomène. Ils considèrent que les banques ont l’aptitude de protéger un ensemble d’agents contre le risque de dépréciation de leurs actifs financiers qui peuvent être convertis en fonction de leurs préférences de consommation. Ils envisagent une période de trois horizons (T= 0,1,2) . Ils admettent que le choix des investissements dépend d’un processus productif dont le
rendement R>1 en T = 2. Mais si le processus est interrompu en T = 1, on aura R = 1. L’interruption du processus est liée à l’existence de chocs de consommation dont sont victimes certains épargnants.
Diamond et Dibvig (1983) établissent à cet effet une relation symbolisant les contrats optimaux de répartition du risque : 1 < C1 < C2 < R. ; avec C1 et C2 qui représentent respectivement la consommation des déposants de type 1 et 2. Cela signifie que les premiers vont procéder au retrait de leur épargne à l’horizon 1 et les seconds à l’horizon 2 pour satisfaire leurs besoins de consommation. Si les termes de contrat sont bien respectés, la banque se trouvera en situation d’équilibre parfait. Mais, si à la suite d’une panique bancaire, les déposants de l’horizon 2 anticipent les retraits, le système bancaire se trouvera en situation de déséquilibre et de fragilité.
Le jeu de dominos ne s’arrête pas en si bon chemin: suite à cette crise issue en grande partie des difficultés croissantes des ménages américains surendetté à rembourser leurs lignes de crédits, l’économie réelle est lourdement affectée, via un perte de confiance généralisée ainsi qu’une réévaluation globale des risques de la part de la banque impliquant une restriction du crédit sans précédents.
Les entreprises et les ménages ne peuvent plus investir ou consommer comme avant et c’est toute l’économie qui s’enrhume. La crise est bien présente car les premiers signes macroéconomiques pointent le bout de leur nez: hausse du chômage, baisse de la production industrielle, hausse de l’endettement de l’état, et… re-perte de confiance… la crise s’auto-entretien miraculeusement, comme la bulle l’eut fait en son temps.
sept
28
Un pavé dans la mare de l’école des Nouveaux Keynesiens?
Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Economie, Macroéconomie, Recherche économique | Laissez un commentaire
V. V. Chari, Patrick J. Kehoe et Ellen R. McGrattan ont-il véritablement jeté ce que certains nomment un pavé dans la mare ? A en croire l’intitulé de leur dernier document de travail de la Federal Reserve de Minneapolis, ils n’y vont pas de main morte. Petit retour en arrière…
La nouvelle économie keynésienne est un courant de pensée économique né dans les années 1980, qui se réclame de la pensée keynésienne pour quelques idées seulement, mais s’oppose à l’intervention trop rigoureuse de l’État lorsque le marché est incapable d’assurer une situation efficace. Il est né comme une tentative de réponse à la nouvelle économie classique.
Cette nouvelle école n’est pas un courant de pensée unifié, mais ses principaux participants, - Joseph Stiglitz, George Akerlof, Gregory Mankiw, Stanley Fischer, Bruce Greenwald, Janet Yellen et Paul Romer, sont d’accord sur deux points fondamentaux: la monnaie n’est pas neutre et les imperfections des marchés expliquent les fluctuations économiques.
La parenté avec Keynes est retrouvée quand ils abordent des questions de chômage involontaire, les forces du marchés ne suffisant pas. Ils partagent le même point de vue avec l’école de la nouvelle économie classique sur les anticipations rationnelles, à la seule différence qu’ils pensent que celle-ci n’est pas l’argument de taille pour affirmer l’existence de l’équilibre général, que le chômage est volontaire et enfin la neutralité de la monnaie.
Il existe d’autres courants de pensée économiques se déclarant les héritiers de Keynes : les néo-keynésiens (proches des néoclassiques ou néo-libéraux) et les post-keynésiens voulant refonder la véritable approche révolutionnaire de l’analyse de Keynes dans le Traité sur la monnaie (1930) et la Théorie Générale (1936).
A la question comment résumeriez-vous les principales propositions de la nouvelle macroéconomie keynésienne ?
Gregory Mankiw répond : « Les propositions centrales sont largement théoriques, plutôt que pratiques. Les nouveaux keynésiens acceptent le concept du monde telle qu’elle est résumée dans la synthèse néoclassique: à court terme, l’économie peut dévier de son niveau d’équilibre et les politiques monétaires et budgétaires ont des effets importants sur l’activité économique réelle ».
Alors, les modèles Nouveaux Keynésien ne sont-il pas si utiles pour l’analyse de la politique économique? Pas totalement. Bien que leur utilisation à outrance ces dernières années à démontré leur utilité sans contestes, Chari, Kehoe et McGrattan montrent ici que la principale raison de leur utilité quasi nulle réside dans le fait que de nombreuses modelisations les utilsant ont ajouté tellement de parametres (libres) que les dispositifs qui en découlent sont douteux.
Pour éviter cela, les auteurs conseillent d’ajouter moins de paramètres quitte à partir d’un petit modèle et d’avancer petit à petit de manière disciplinée afin d’apporter des preuves micro-fondées plus probantes renforçants ces modèles.
Lien vers l’article complet (en anglais)…
juin
16
Condition de marché et survie des Hedge Funds
Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Economie, Finance, Fonds, Marchés, Recherche économique | Laissez un commentaire
Mark Carlson et Jason Steinman ont publié cet article originellement intitulé “Market Conditions and Hedge Fund Survival” dans la serie Finance and Economics Discussion Series du Federal Reserve Board (Washington, D.C.). Dans cet article, ils décrivent les conséquences des faillites de Hedge funds sur l’aggravation des crises financières en période de forte volatilité des marchés. De ce fait, ils construisent une analyse formelle inédite sur l’impact des conditions de marché sur la survie des Hedge Funds.
L’analyse est faite en prenant des données individuelles de fonds et d’industries par la suite agrégées. Ils trouvent effectivement que les rendements et la volatilité du marché influencent les faillites des fonds bien que l’impact dépend des stratégies d’investissement des fonds.
Les résultats de l’analyse sont utilisés pour prédire les faillites de fonds sur la base des rendements actuels du marché et d’une variété de scénarios d’évolution de marché (stress scénario). Ils trouvent que l’industrie des Hedge Funds est généralement robuste aux différents chocs.
L’article en lui même est bien ficelé mais il est tout de même trop empirique pour véritablement constituer un preuve fiable quant au lien entre les conditions de marché et les faillites de Hedge Funds. Cependant, la contribution intéressante de cet article est de fournir une information sur l’impact des conditions de marché que les probabilités de faillites. Tourné différemment, cela reste plus plausible. Ils trouvent en effet que quelque soit les taux de rendement du marché, les Hedges Funds sont plus prédisposés à la faillite en période de déclin des marchés US et de dépréciation du Dollar.
La volatilité est néfaste à quelques fonds tandis qu’elle peut être bénéfique pour d’autres. Qu’en serait-il d’une telle analyse en France, avec un secteur Hedge Funds balbutiant ?
Lien vers l’article (anglais)…
avr
10
BCE: Décisions de politique monétaire
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Lors de la réunion qui s’est tenue ce jour, le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé que le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement ainsi que les taux d’intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 4 %, 5 % et 3 %.
avr
10
L’effet de richesse
Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Economie, Macroéconomie, Matières premières | 1 commentaire
On entend par effet de richesse l’effet qui permet, par une valorisation d’une classe d’actif de votre patrimoine, de vous « rendre plus riche ». Un exemple permettra de mieux comprendre : imaginons que vous possédez un bien immobilier et que vous voulez souscrire un prêt. L’exemple n’est pas banal mais il est assez révélateur de la crise de 2007. Pour souscrire ce prêt, d’un montant non négligeable, vous allez voir un organisme spécialisé qui analyse votre patrimoine au temps t. Au temps t, votre capacité d’endettement, basée sur une valorisation de votre patrimoine au même temps t, est de X$. Maintenant, vous attendez un jour de plus, et durant ces 24 heures, une crise immobilière est survenue. Votre bien immobilier a donc perdu de la valeur. Au temps t+1, vous retournez dans ce même organisme spécialisé qui analyse une fois de plus votre patrimoine. Il en conclut que votre capacité d’endettement est franchement inferieur à X$. Ce phénomène n’est autre que l’effet de richesse. Après avoir compris cet exemple simple, on peut envisager de nombreux cas différents. En effet, imaginons que vous ayez souscrit un prêt au temps t, qui utilise entièrement votre capacité d’endettement au temps t. Au temps t+1, vous êtes alors en sur endettement à cause de l’effet de richesse négatif subi.
Aprés les recentes hausses historiques du taux spot EURUSD (€/$) et de l’once d’Or, on peut se poser la question suivante: quel lien peut il y avoir entre ces deux records qui sont survenus, comme par hasard, pratiquement au même moment ? Une corrélation non fortuite possible peut être due à l’effet de richesse, positif cette fois ci. En effet, les operateurs européens, détenant des euros, voyant leur conversion en dollar s’accroitre (c’est-à -dire une hausse du taux spot EURUSD) sont donc devenus « plus riches » en dollar, tout en restant aussi riche qu’avant en euro (trivial). D’un autre coté, l’once d’Or est cotée en dollar (tout comme l’ensemble des matières premières, pétrole, cuivre ou autres). La demande pour l’Or s’accroit donc mécaniquement du fait de l’apparition de cet effet de richesse issu du taux de change. C’est l’effet de richesse de change, ou encore, l’effet de richesse induit par le taux de change. On ne remarque pas ce phénomène que pour l’Or. Il est constaté pour l’ensemble des commodités et des autres matières premières échangées actuellement. L’effet de richesse de change explique une partie de la simultanéité des records historiques du taux de change EURUSD et de l’once d’Or. Une autre partie est bien évidement expliqué par la croissance du risque de l’économie américaine et la qualité de valeur refuge de l’Or. Cependant, l’effet de richesse est fortement présent dans ce phénomène de pic simultanés.
L’effet de richesse positif entraine donc une hausse de la demande et l’effet de richesse négatif entraine une baisse de la demande. Mais qu’en est-il de l’offre ? A première vue, l’offre s’ajuste durant les périodes qui suivent. Cependant, il se peut que l’offre ne s’ajuste pas forcement à la hausse pour suivre la hausse de la demande. Imaginons par exemple une entreprise industrielle américaine travaillant uniquement à l’export. Elle facture donc en dollar ses produits finis et vend essentiellement ses produits dans la zone euro. L’effet de richesse de change vu précédemment montre que la demande pour ces produits va s’accroitre si le taux spot EURUSD croit. Mais dans le même temps, les prix des matières utilisées pour fabriquer ces produits finis vont aussi profiter de cet effet de richesse de change. Malgré le phénomène de rigidité des prix, les prix de notre entrepreneur américain vont inexorablement augmenter durant les périodes suivantes (mais beaucoup moins vite que la hausse des prix des matières premières sur le marché financier) du fait de l’augmentation de ses coûts. Tout en étant un agent rationnel, notre entrepreneur américain ne va pas augmenter sa production pour satisfaire la demande alors que sa marge s’abaisse plus rapidement que ses prix de vente n’augmentent. Il va donc augmenter ses prix sur les périodes qui suivent puis augmenter sa production si la demande est toujours si forte (Il retrouvera alors sa marge et abaissera par la suite ses prix si la hausse de l’offre qu’il met en place lui permet de faire des économies). Mais ce ne sera pas forcement le cas, car si ses prix augmentent, il y a de fortes chances que la demande diminue. En effet, la variable prix est la variable d’ajustement entre l’offre et la demande. L’effet de richesse à donc une conséquence claire sur la demande, mais plus complexe sur l’offre.
avr
9
Croissance et finance
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Par Philippe Aghion
De nombreuses et récentes contributions ont cherché à expliquer pourquoi des différences de productivité persistaient entre les pays riches et les pays pauvres et pourquoi certains pays s’éloignent de la frontière technologique mondiale, que ce soit en termes de PIB par tête ou de croissance, tandis que d’autres au contraire la rejoignent.
Dans cet article, nous analysons l’impact des imperfections du marché du crédit sur la performance relative de croissance d’un pays et sur la convergence ou la divergence des économies, suivant l’observation de Lucas selon laquelle les flux de capitaux ne vont pas des pays riches vers les pays pauvres alors que le rendement marginal du capital est plus élevé pour ces derniers. Nous analysons également l’interaction entre les imperfections du marché du crédit et les politiques macroéconomiques.
Nous montrons que l’interaction entre le développement financier et les variables macroéconomiques comme la productivité ou la volatilité macroéconomique dans des régressions reliant croissance et finance est riche en conclusions empiriques, par exemple sur la convergence et la divergence ou sur les effets sur la croissance des politiques macroéconomiques contra-cycliques.

